
Deux savoir-faire autour d’un même personnage
Après une première collaboration autour d’un Predator, Nicola et Nora ont voulu passer à un projet plus grand et plus complexe. Nicola apporte son expérience de l’impression 3D. Nora, habituée à peindre des impressions en résine, prend en charge la préparation des finitions et la mise en couleur.
Son choix se porte sur Davy Jones pour la richesse de ses textures : les tentacules, les reliefs du visage et les plis des vêtements offrent de nombreuses possibilités de travail. L’objectif est de combiner plusieurs techniques de peinture pour obtenir un rendu réaliste.
Mais avant de peindre, il faut transformer le modèle numérique en un ensemble de pièces imprimables et assemblables.
Découper en pensant déjà à l’assemblage
Pour Nicola, la découpe doit faciliter l’impression. Pour Nora, elle doit aussi préserver les détails et placer les raccords là où ils seront plus faciles à masquer. La préparation du modèle tient compte de ces deux besoins.
Nicola utilise Split3r pour subdiviser le modèle en fonction des dimensions des plateaux. Le logiciel permet également de préparer des pions d’alignement, imprimés séparément, dont les dimensions peuvent être ajustées. Ces pions servent ensuite à positionner les pièces lors du montage.
Certaines parties nécessitent une approche différente. Pour la tête, Nora travaille dans un autre logiciel orienté impression résine et suit l’anatomie du personnage. Elle cherche notamment à préserver les tentacules et la partie supérieure des lèvres. Les raccords pourront ensuite être repris au mastic dans les plis et les creux du modèle.
Les mains, les pieds et d’autres éléments font également l’objet de séparations pensées pour faciliter l’impression et dissimuler les jonctions. Split3r intervient ainsi dans une préparation qui combine subdivision adaptée aux plateaux et travail spécifique sur les zones les plus détaillées.
Une cinquantaine de pièces sur dix Prusa XL
Le modèle est agrandi à 650 % de sa taille originale. Avant de lancer les impressions, Nicola estime les besoins en matière dans OrcaSlicer, à l’aide d’une imprimante virtuelle suffisamment grande pour accueillir le modèle entier. Il effectue cette estimation sans supports.
Le besoin évalué approche les 50 kg de matière. Il s’agit d’une estimation de préparation, pas d’une mesure de la consommation finale du projet.
Les pièces sont imprimées en PLA, avec un remplissage gyroïde à 5 %, sur dix Prusa XL. Leurs plateaux de 36 × 36 cm permettent de limiter le nombre de subdivisions, et donc le nombre de raccords à reprendre ensuite.
Nicola annonce une période d’impression d’environ deux semaines, avec des interruptions pendant son absence. Chaque pièce reçoit une préparation adaptée, notamment pour les supports. Sur les grandes zones en porte-à-faux, il privilégie des supports classiques pour réduire le risque d’échec, même si cette solution utilise davantage de matière.
Du retrait des supports au premier assemblage
Le retrait des supports occupe deux après-midi. Les pièces sont ensuite assemblées à l’aide des pions d’alignement et d’une colle pour plastique ; Nicola précise qu’il s’agit de cyanoacrylate.
Un peu de colle chaude est également utilisé à certains endroits pour le montage de présentation, avant le démontage et l’expédition de la statue dans l’atelier de Nora.
Le projet comporte aussi des reprises à prévoir. Certains détails ont été endommagés lors du retrait des supports, à la suite d’échecs de supports ou pendant le transport. Nora prévoit de reconstruire les petits éléments manquants, notamment du corail, avec une pâte époxy sculptable.
La vidéo du projet, première partie
Sur la chaîne de Nicola, en italien : la préparation du modèle, l’impression sur les dix Prusa XL et le premier assemblage. La citation de Nicola, plus bas, en est traduite (de 3:27 à 3:31).
La suite se joue dans les finitions
À la fin de cette première vidéo, la statue est imprimée et présentée assemblée. Les finitions et la peinture restent à réaliser et sont annoncées pour les épisodes suivants.
Nora doit reprendre les jonctions, réparer les détails et travailler les couleurs et les textures. La préparation des découpes prend alors tout son sens : les raccords placés dans les plis du modèle pourront être intégrés au travail de finition.